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Syrie: le président déchu Bachar al-Assad condamné à la peine de mort par contumace

Published on August 11, 2026 at 20:55

Un portrait brisé du président syrien déchu Bachar al-Assad — OMAR HAJ KADOUR / AFP
Des Syriens célèbrent la condamnation à mort par un tribunal de Damas le 11 août 2026 du président déchu Bachar al-Assad et d'autres ex-responsables de l'ancien pouvoir — Bakr ALkasem / AFP
Un jeune Syrien porte la photo d'un proche, à proximité du tribunal de Damas où a été condamné à mort en son absence le président déchu Bachar al-Assad le 11 août 2026 — Bakr ALkasem / AFP
Un portrait brisé du président syrien déchu Bachar al-Assad — OMAR HAJ KADOUR / AFP

Un tribunal syrien a condamné mardi par contumace le président déchu Bachar al-Assad, son frère Maher et plusieurs autres ex-responsables à la peine de mort pour les crimes commis durant la guerre civile, les premières condamnations de membres de l'ancien pouvoir.

Les autorités de transition, qui ont renversé Assad fin 2024 au terme de 13 ans d'une guerre civile meurtrière, s'étaient engagées à ce que justice soit faite pour les crimes commis.

Le procès de Bachar al-Assad et de ses co-accusés avait commencé en avril, la plupart des sessions se tenant à huis clos. Le dictateur, qui s'était enfui à Moscou en décembre 2024 quand les forces dirigées par les islamistes se rapprochaient de Damas, a été jugé en son absence.

Le tribunal de Damas l'a reconnu coupable de crimes contre l'humanité et crimes de guerre dont "assassinats avec préméditation, meurtres intentionnels de plusieurs personnes, meurtres intentionnels d'enfants de moins de 15 ans (...), tortures ayant entraîné la mort et privation de liberté".

"Il est donc condamné à mort", a déclaré le juge Fakhr al-Din al-Aryan.

Des dizaines de personnes s'étaient rassemblées devant le palais de justice, portant des photos de leurs proches disparus ou emprisonnés sous l'ancien pouvoir, et ont laissé éclater leur joie à l'annonce du verdict.

Beaucoup étaient venues de Deraa, berceau du soulèvement, dont Ramzi Abou Naboud, qui tient un portrait de son frère Ahmed, tué pendant la répression d'un rassemblement dans sa ville en 2011.

"Je remercie Dieu et la justice, aujourd'hui nous avons obtenu un jugement qui nous a réchauffé le coeur, même s'il ne ressuscitera pas ceux qui ont été tués", témoigne-t-il auprès de l'AFP.

Depuis fin avril, le tribunal a entendu des témoins et s'est vu présenter des documents, des images et des informations classifiées. 

En plus de l'ex-président, le tribunal a condamné à mort par contumace plusieurs anciens responsables militaires et des forces de sécurité, dont le frère de Bachar al-Assad, Maher, qui dirigeait une division d'élite de l'armée.

Ont également été condamnés à la peine capitale l'ancien ministre de la Défense Fahd al-Freij et Louay al-Ali, qui dirigeait les services de renseignement militaire dans la province de Deraa.

Seul accusé à comparaître, Atef Najib, un cousin du président déchu, avait été arrêté en janvier 2025. Il a également été condamné à mort pour crimes contre l'humanité, commis quand il était chef de la sécurité politique à Deraa.

Le tribunal a souligné qu'il n'avait montré "aucun remords". Sa sentence est un "jalon important", a réagi la commission nationale syrienne pour la justice de transition.

Les accusés ont 30 jours pour faire appel, selon le ministre de la Justice.

Cette "réponse aux demandes de longue date de justice et de vérité peut contribuer à restaurer la confiance dans les institutions, et une paix durable", a salué un porte-parole de l'ONU, tout en rappelant l'opposition de l'Assemblée générale à la peine de mort.

L'organisation Human Rights Watch (HRW), présente à plusieurs audiences, a estimé que ces premières condamnations constituaient un "test" de la volonté des autorités syriennes de juger les violences commises sous l'ère Assad.

Le processus doit "être à la hauteur des standards internationaux en termes de procès équitables, ce qui veut aussi dire abolir la peine de mort", a-t-elle également relevé.

Nanar Hawach, analyste de l'International Crisis Group, a de son côté réclamé des enquêtes "plus approfondies, car les familles ont besoin de connaître la vérité sur les disparus". Et appelé à "élargir" les poursuites "à l'ensemble des factions armées ayant pris part à la guerre".

La guerre civile syrienne a été déclenchée par la répression sanglante de manifestations prodémocratie dans le sillage des Printemps arabes, vague de révoltes contre les pouvoirs en place à travers la région. 

Plus d'un demi-million de personnes ont été tuées et des millions d'autres déplacées en Syrie. Des dizaines de milliers de personnes ont disparu, dont beaucoup victimes des exactions généralisées dans les geôles du pouvoir.

La chute de Bachar al-Assad, qui avait succédé à son père Hafez en 2000, a mis fin à plus d'un demi-siècle de règne sans partage de son clan familial.

Les effusions de joie à la sortie du palais de justice, diffusées sur les réseaux sociaux, "reflètent 15 ans de souffrance", a écrit sur X Hiba Zayadin, spécialiste de la Syrie pour HRW.

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