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Après l'arrêté d'expulsion, le gouvernement gèle les avoirs de Fedorova, qui dénonce "une pression politique"

Published on Juli 31, 2026 at 17:54

La chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova à Paris le 12 avril 2025 — Xavier GALIANA / AFP
La chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova à Paris le 12 avril 2025 — Xavier GALIANA / AFP

Le gouvernement a gelé vendredi pour six mois les avoirs de Xenia Fedorova, accusée d'être la voix du Kremlin dans des médias français et déjà visée par un arrêté ministériel d'expulsion, la chroniqueuse russe dénonçant en retour une "pression politique".

Ce gel, qui figure au Journal officiel, vise à prévenir la commission de "nouveaux actes d'ingérence", y explique le ministère de l’Économie et des Finances, en empêchant la mise à disposition ou l'utilisation "de fonds ou ressources économiques au profit de cette personne et des personnes morales ou de toutes autres entités qu'elle contrôle, détient ou qui agissent sciemment pour son compte".

Accusée d'être "un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" pour "déstabiliser l'ordre public" en France, la chroniqueuse, qui intervient principalement sur CNews, Europe 1 et dans l'hebdomadaire le JDNews, est depuis mercredi assignée à résidence et doit pointer chaque jour au commissariat. Elle ne peut donc plus travailler normalement au sein de ces médias dans la sphère du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

"Nous assistons à une forme entièrement nouvelle de pression politique ayant un seul objectif, la censure des opinions qui ne correspondent pas au discours officiel", a affirmé Mme Fedorova sur le réseau social X vendredi, dans une première réaction à ces mesures.

Elle a prévu de les contester en justice. Son avocat, Me Emmanuel Piwnica, a estimé auprès de l'AFP qu'elle était victime d'un "acharnement", après le gel de ses avoirs pour six mois.

Ses employeurs Canal+ et Lagardère avaient dénoncé mercredi dans un communiqué "une atteinte particulièrement grave à la liberté d'expression" après qu'elle a été visée par un arrêté d'expulsion.

"Mon comportement (...) consiste à vivre en France depuis près de dix ans dans le respect de la loi, à payer mes impôts, mais aussi à avoir une opinion et à l'exprimer dans le cadre de mon travail de journaliste", se défend aussi sur X l'ancienne patronne de la chaîne d'État russe RT en France.

Vue comme un instrument de propagande, RT est interdite dans l'Union européenne depuis mars 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Xenia Fedorova, 45 ans, a déjà été interdite de territoire en Allemagne, où elle a vécu.

Dans son long message diffusé vendredi, elle affirme aussi que "ceux qui célèbrent cette décision (d'expulsion) manquent de clairvoyance, car aujourd’hui, c’est moi, et demain, ce sera toute personne qui osera s’exprimer en dehors de la pensée unique".

L'arrêté d'expulsion n'est "pas une atteinte à la liberté d'expression", a de son côté assuré jeudi sur BFMTV le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

"C'est un arrêté qui est très motivé, qui fait référence à de nombreux propos qu'elle a pu tenir et qui systématiquement reprennent la propagande du Kremlin sur l'engagement de la France, sur ce qui se passe en Ukraine, sur les raisons, les motivations de l'agression russe en Ukraine. Systématiquement, elle reprend le verbatim au mot près de la Russie et elle intervient dans le débat politique français sur ces sujets", a développé le ministre vendredi sur RTL.

"Ce qui est en cause, c'est que Mme Fedorova est une citoyenne russe qui est venue en France comme agente d'influence pour relayer la propagande russe, avec les méthodes du Kremlin, et perturber ainsi notre débat public et démocratique", a de son côté justifié le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot dans La Provence.

Sa place grandissante dans les médias de la sphère Bolloré a fait naître des craintes de manipulation du débat public, notamment lors de la campagne pour l'élection présidentielle en 2027.

Par le passé, un ancien journaliste de BFMTV, Rachid M'Barki, a été mis en examen en 2023 dans une enquête portant sur des soupçons d'ingérence étrangère dans la politique et l'actualité française.

Accusé d'avoir reçu de l'argent pour faire passer à l'antenne des brèves relatives à des oligarques russes au Qatar, Soudan, Cameroun ou encore au Sahara occidental, il a été licencié pour faute grave de la chaîné d'information en continu.

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