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Confiance et crédibilité, maitres mots des six candidats dans la course à la tête de l'ONU

Published on Juli 24, 2026 at 01:50

(COMBO) Cette combinaison de photos créée le 22 juillet 2026 montre les six candidats actuels au poste de secrétaire général de l'ONU. De gauche à droite sur les deux lignes: l'ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet en 2025, la Costa-ricaine Rebeca Grynspan en 2026, l'ancien président sénégalais Macky Sall en 2025, l'ancienne ministre équatorienne Maria Fernanda Espinosa en 2026, le patron de l'Agence internationale pour l'énergie atomique Rafael Mariano Grossi en 2026, et la diplomate g
(COMBO) Cette combinaison de photos créée le 22 juillet 2026 montre les six candidats actuels au poste de secrétaire général de l'ONU. De gauche à droite sur les deux lignes: l'ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet en 2025, la Costa-ricain

Les six candidats au poste de secrétaire général de l'ONU ont tous défendu jeudi, lors d'un débat policé dans la très symbolique salle de l'Assemblée générale,  l'importance de restaurer la crédibilité d'une organisation en crise, une semaine avant le début formel d'un processus de sélection crucial dans un monde fragmenté.

Alors que la campagne sans clair favori peine à provoquer un véritable enthousiasme, la Chilienne Michelle Bachelet, l'Equatorienne Maria Fernanda Espinosa, l'Argentin Rafael Grossi, la Costa-Ricaine Rebeca Grynspan, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et le Sénégalais Macky Sall ont répondu pendant près de deux heures aux questions de diplomates, employés de l'ONU, représentants de la société civile et deux journalistes de Bloomberg, qui pilotait et diffusait cet événement. Sans jamais s'interpeller directement.

Première question: "Qu'est-ce qui fait de vous la meilleure personne pour être secrétaire général?".

En deux minutes chacun, ils ont mis en avant leurs atouts pour faire face à une époque particulièrement difficile dans un monde ravagé par les conflits, évoquant leurs expériences nationales ou internationales et leur capacité à parler à tout le monde.

Et tous ont souscrit au même diagnostic d'une ONU en crise financière, largement critiquée et qui a besoin de poursuivre plus avant la réforme en cours lancée par le secrétaire général Antonio Guterres qui quittera son poste le 31 décembre 2026.

"Dans cinq ans, je ne veux plus que personne ne me demande +où est l'ONU?+ (...) je voudrais voir l'ONU de retour à la table dans les scénarios de conflits", a déclaré Rebeca Grynspan, patronne - en retrait pour la campagne - de l'agence de l'ONU pour le Commerce et le Développement.

"Pendant mes 100 premiers jours, je veux restaurer la confiance et remettre l'ONU sur un chemin pour devenir plus agile, plus efficace, plus prête à écouter, à agir et rassembler", a assuré l'ancien président sénégalais Macky Sall, se présentant comme un "bâtisseur de ponts".

Insistant comme ses adversaires sur le besoin de renforcer le rôle du secrétaire général, l'ambassadrice guyanienne Carolyn Rodrigues-Birket a souligné que l'occupant de ce poste n'a "pas le luxe" de ne pas essayer d'agir. "Je serais cette secrétaire générale qui essaie, que ce soit en Iran, en Haïti, au Soudan ou en République démocratique du Congo".

Rafael Grossi, patron de l'Agence internationale pour l'énergie atomique, a aussi plaidé pour que le secrétaire général "intervienne" quand n'importe quel Etat membre "provoque une guerre". "Nous avons besoin de ça pour restaurer la crédibilité de l'ONU".

L'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet a assuré qu'elle ne cèderait pas à la pression d'un puissant pays donateur qui voudrait éviter les critiques: "J'exprimerai haut et fort ce que je considère comme mon autorité morale et mon devoir".

L'ancienne présidente de l'Assemblée générale de l'ONU Maria Fernanda Espinosa a elle insisté sur la prévention des conflits, "pas un slogan mais un principe opérationnel", promettant d'être sur le terrain elle-même, "portant le drapeau de l'ONU".

L'ONU fait face à une profonde crise financière et de confiance, accusée notamment par l'administration de Donald Trump de dépenser sans compter, en se dispersant, et sans résultat satisfaisant.

Alors que les Etats-Unis et les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité (France, Royaume-Uni, Russie, Chine) peuvent se servir de leur veto lors de la sélection, les candidats doivent naviguer entre les exigences américaines et les lignes rouges d'autres Etats, pas toujours claires.

Dans ce contexte, la course reste prudente, les candidats voulant "éviter de froisser les Etats-Unis et d'autres puissances ayant le droit de veto", a estimé Richard Gowan, de l'International Crisis Group.

Le 30 juillet, les 15 membres du Conseil de sécurité doivent à huis clos et anonymement se prononcer pour la première fois sur leur préférence parmi les candidats.

Ce premier "vote indicatif" sera suivi d'un nombre non défini d'autres votes similaires jusqu'à ce qu'un candidat puisse réunir les 9 voix nécessaires sans aucun veto des cinq membres permanents. Le nom du candidat ainsi choisi sera alors transmis à l'Assemblée générale pour la nomination formelle du secrétaire général qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2027.

"J'ai l'impression que Grossi est toujours le plus fréquemment cité comme favori, mais il n'a pas verrouillé la course. D'autres candidats comme Grynspan et Rodrigues-Birkett ont aussi beaucoup d'admirateurs", note Richard Gowan, soulignant que la surprise pourrait venir d'un candidat encore non déclaré.

De nombreux noms circulent, notamment celui du président de la Fifa Gianni Infantino que Donald Trump voudrait voir prendre la tête de l'ONU, selon le New York Post.

En vertu d'une tradition de rotation géographique pas toujours suivie, le poste est réclamé cette fois-ci par l'Amérique latine. De nombreux Etats plaident également pour qu'une femme l'occupe pour la première fois.

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