Rushdie témoigne lors d'un nouveau procès de son assaillant aux Etats-Unis
L'écrivain Salman Rushdie a témoigné jeudi lors d'un nouveau procès aux Etats-Unis contre l'homme qui l'a poignardé en 2022 dans un institut culturel près de la frontière canadienne, ont rapporté plusieurs médias américains.
Hadi Matar, un Américano-Libanais de 28 ans, a été condamné en mai 2025 à 25 ans de prison par la justice de l'Etat de New York pour cette tentative de meurtre sur l'auteur de 79 ans, qui a failli lui coûter la vie et lui a fait perdre l'usage d'un oeil.
Depuis mercredi, l'assaillant est de nouveau en procès à Buffalo (nord-est), devant un tribunal fédéral cette fois, notamment pour "commission d'un acte de terrorisme" et "tentative de soutien" à une organisation terroriste.
Pour l'accusation, ce qui a guidé l'agresseur est la fatwa lancée en 1989 par l'ayatollah Khomeini, à l'époque dirigeant de la République islamique d'Iran, à l'encontre de l'auteur des "Versets sataniques" pour ce texte qu'il jugeait blasphématoire.
Le parquet l'accuse aussi de sympathie pour le Hezbollah, mouvement libanais pro-iranien.
Les procureurs affirment notamment que des photos et du matériel émanant de ce groupe ont été retrouvés au domicile d'Hadi Matar, qui utilisait également un faux permis de conduire au nom d'une figure du mouvement classé comme terroriste par les Etats-Unis.
Devant le tribunal, Salman Rushdie s'est exprimé pendant près d'une heure sur son agression, survenue alors qu'il s'apprêtait à prendre la parole au cours d'une conférence sur la liberté d'expression à Chautauqua, dans l'Etat de New York, ont détaillé plusieurs médias.
Interrogé sur le fait de savoir si son assaillant l'avait agressé afin d'exécuter la fatwa iranienne, l'écrivain a répondu : "je n'en ai aucune certitude. J'ai mes soupçons".
Né en Inde mais ayant passé une grande partie de sa vie au Royaume-Uni, Salman Rushdie a longtemps été contraint de vivre dans la clandestinité sous la protection de la police britannique.
Bien que que la fatwa n'ait jamais été officiellement abrogée, l'Iran avait indiqué en 1998 qu'il ne chercherait plus à la mettre en oeuvre. La menace s'étant atténuée, Salman Rushdie était sorti de la clandestinité, s'était installé à New York et avait obtenu la nationalité américaine.
Selon la défense d'Hadi Matar, celui-ci n'a jamais agi au nom d'une quelconque organisation terroriste, même s'il était animé par la colère contre l'écrivain en raison du caractère prétendument blasphématoire de son livre.
Il risque une peine de prison à perpétuité.
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