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Maroc: le journaliste Ali Lmrabet remis en liberté, l'enquête se poursuit

Published on Juli 15, 2026 at 16:52

Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, le 29 juin 2025 à Genève
Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, le 29 juin 2025 à Genève
Maroc: le journaliste Ali Lmrabet remis en liberté, l'enquête se poursuit

Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, arrêté dimanche soir à son arrivée au Maroc, a été remis en liberté mercredi après avoir été auditionné dans le cadre d'une enquête, toujours en cours, sur des publications en ligne jugées diffamatoires, selon le parquet.

"Je ne fais que du journalisme, je ne fais pas de politique", a déclaré M. Lmrabet, figure de la presse indépendante marocaine, à l'organisation Reporters sans frontières (RSF) après sa libération.

"Le fait que (je) pratique un journalisme indépendant (...) semble déranger beaucoup de monde. Mais c'est mon métier", a-t-il ajouté.

M. Lmrabet, 66 ans, est connu pour ses positions critiques à l'égard des autorités. Il avait été interpellé à son arrivée à l'aéroport de Tanger, dans le nord du pays, avant d'être placé en garde à vue.

Il a été déféré mercredi devant le parquet, qui a ordonné sa remise en liberté tout en poursuivant l'enquête, a indiqué le ministère public dans un communiqué relayé par l'agence de presse officielle MAP.

Selon la même source, l'enquête fait suite à des publications en ligne "comportant des propos diffamatoires et injurieux à l'encontre des personnes et des institutions, et outrageux à l'égard d'instances régies par la loi".

RSF a salué la libération du journaliste tout en demandant aux autorités marocaines de "classer cette affaire".

Il n'est pas encore certain qu'il puisse quitter le pays, a dit son épouse Laura Feliu à l'AFP.

Installé à Barcelone, où il travaille, le journaliste ne s'était plus rendu au Maroc depuis "quelques années", après la mort de son père qui y résidait, selon Mme Feliu.

Ali Lmrabet avait été interdit d'exercer le journalisme au Maroc pendant 10 ans entre avril 2005 et avril 2015, après une condamnation pour diffamation liée à des déclarations sur les Sahraouis des camps de Tindouf, dans le sud-ouest de l'Algérie. 

Il avait alors affirmé que ces derniers n'avaient "aucune envie de rentrer au Maroc", en contradiction avec la position de Rabat qui accuse le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, de les retenir dans ces camps.

Il éditait au Maroc les hebdomadaires Demain Magazine et Doumane (arabophone) avant que ces publications ne soient interdites en 2003 au terme d'un procès pour "outrage au roi".

Le journaliste avait alors été condamné à trois ans de prison, avant d'être relâché début 2004 à la faveur d'une grâce royale.

kao-anr/iba/cgc/tq

© Agence France-Presse

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