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Fontainebleau: le combat continue contre les reprises de feux, deux jeunes présentés à la justice

Published on Juli 15, 2026 at 19:48

Un pompier lutte contre un incendie dans la forêt de Fontainebleau, à Noisy-sur-Ecole, en Seine-et-Marne, le 14 juillet 2026 — Dimitar DILKOFF / AFP
Un incendie dans la forêt de Fontainebleau, le 14 juillet 2026 à Noisy-sur-Ecole, en Seine-et-Marne — Dimitar DILKOFF / AFP
Un Canadair CL-415 de la Sécurité civile effectue des manœuvres d'écopage au-dessus de la Seine à Chartrettes, pour lutter contre un incendie dans la forêt de Fontainebleau, le 13 juillet 2026 en Seine-et-Marne — Thomas SAMSON / AFP
Carte montrant l'incendie qui a débuté dimanche 12 juillet 2026 dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) et sa proximité avec Paris — Olivia BUGAULT, Valentina BRESCHI / AFP
Forêt de Fontainebleau: des foyers "assez virulents et encore actifs" (pompiers) — Hassan AYADI, Daniel MATTHEWS / AFP
Un pompier lutte contre un incendie dans la forêt de Fontainebleau, à Noisy-sur-Ecole, en Seine-et-Marne, le 14 juillet 2026 — Dimitar DILKOFF / AFP
Fontainebleau: le combat continue contre les reprises de feux, deux jeunes présentés à la justice

Deux jeunes âgés de 18 ans, dont un pompier volontaire, sont présentés à un juge mercredi après le déclenchement d'incendies en forêt de Fontainebleau, où des centaines de pompiers continuent de combattre les reprises de feux.

Depuis dimanche, les flammes ont parcouru au total près de 2.000 hectares de l'emblématique et fragile massif forestier, situé à 60 km au sud-est de Paris.

Mercredi, le parquet de Fontainebleau a annoncé avoir requis le placement en détention provisoire de deux jeunes majeurs, mis en cause pour des départs de feu constatés lundi.

Ils ont "reconnu leur implication volontaire au cours de leur garde à vue" et "seront présentés dans la journée à un juge d'instruction du tribunal de Fontainebleau", écrit la procureure Diane Ngomsik dans un communiqué. 

L'un d'eux, un pompier volontaire à Fontainebleau, a avoué avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence". L'autre a admis "avoir accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette" sur un autre lieu de départ de feu, selon la procureure.

L'information judiciaire les visant est ouverte pour des faits de "destruction par incendie".

Sans antécédent judiciaire, ils sont suspectés de départs de feux distincts lundi, à Arbonne-la-Forêt pour le premier, et dans le secteur de la Faisanderie, près de la ville de Fontainebleau, pour le second.

 

- "Un peu de honte" -

 

Le sapeur-pompier volontaire a été "suspendu", a indiqué dans un communiqué le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne, qui a exprimé "sa plus vive consternation". 

Selon le commandant Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Sdis, "les pompiers sont pudiques" sur ce sujet : "il y a un sentiment de rejet et un peu de honte que ce soit l'un d'entre nous", qui était dans les rangs "depuis moins d'un an", a-t-il déclaré à l'AFP.

Deux autres personnes ont quant à elles été placées en garde à vue mardi matin pour l'incendie qui a démarré dimanche autour de l'A6, occasionnant la fermeture d'un tronçon de l'autoroute. "Des présentations en justice pourraient intervenir" jeudi, selon la procureure de Fontainebleau, qui évoque "la piste d'un incendie accidentel dans le cadre de travaux en bordure de l'autoroute".

Les pompiers "travaillent avec la société d'autoroute pour pouvoir rouvrir" la portion touchée, sur deux kilomètres, pour les départs en vacances vendredi, a indiqué à la presse le colonel Sébastien Avenel, directeur adjoint du Sdis. 

En outre, un quadragénaire suspecté d'avoir voulu provoquer un incendie a été interpellé mardi soir sur un parking près de la forêt de Fontainebleau et placé en garde à vue. Il est soupçonné d'avoir forcé la rubalise pour stationner, et de nombreux journaux froissés et un briquet ont été retrouvés dans son véhicule, selon une source policière.

Mercredi matin, plusieurs gendarmes du département spécialisés en recherche criminelle étaient présents pour collecter des preuves, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les habitants de la commune du Vaudoué, partiellement évacuée dimanche, ont pu regagner leurs maisons après l'annonce mardi soir par le préfet que les feux étaient "fixés", même si non totalement "éteints".

Mercredi, "le vent a renforcé certains points, qui se sont réactivés, mais c'est normal", selon le colonel Avenel. "On a encore beaucoup de travail", mais "malgré tout le feu est encore contenu dans le périmètre".

 

- "Viser chaque souche" -

 

Mercredi, encore quelque 950 sapeurs-pompiers se sont relayés sur le terrain, dans le massif des Trois-Pignons et dans le secteur la Faisanderie.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, dans les airs le dispositif a été un peu allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés.

Devant les députés, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a défendu mercredi la flotte aérienne disponible en France pour lutter contre les incendies. Il a estimé qu'elle figurait "parmi les plus performantes d'Europe" face aux critiques du RN et de LFI accusant les macronistes d'avoir annulé en 2024 la commande de deux Canadair.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir rester mobilisés plusieurs jours pour éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet Pierre Ory.

Et "la tourbe nécessite beaucoup d'eau et de moyens puissants, comme les moyens aériens, pour aller noyer et viser de manière chirurgicale chaque souche", a relevé le colonel Avenel.

Ailleurs en France, au sud du pays, des incendies en Haute-Corse ont parcouru ces trois derniers jours quelque 150 hectares, nécessitant la fermeture d'une portion du GR20 et l'évacuation d'une vingtaine de randonneurs. 

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© Agence France-Presse

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