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Incendie en forêt de Fontainebleau: "On voyait le feu d'un côté et de l'autre"

Published on Juli 13, 2026 at 05:36

Les pompiers tentent d'éteindre un incendie dans la forêt de Fontainebleau, à Noisy-sur-École, tôt dans la matinée du 13 juillet 2026
Un agriculteur arrose la forêt de Fontainebleau, après qu'un incendie de forêt s'est déclaré en fin d'après-midi à Noisy-sur-École, le 12 juillet 2026
Les pompiers tentent d'éteindre un incendie dans la forêt de Fontainebleau, à Noisy-sur-École, tôt dans la matinée du 13 juillet 2026
Incendie en forêt de Fontainebleau: "On voyait le feu d'un côté et de l'autre"

Ce sont des scènes estivales courantes pour qui vit dans l'arc méditerranéen mais Valérie, habitante du Vaudoué, ne s'attendait pas à ce que le feu la chasse de chez elle, en forêt de Fontainebleau, à 60 kilomètres de Paris.

Médusés, les habitants de cette petite commune forestière de Seine-et-Marne bravent les appels à rester confinés et regardent passer les véhicules de secours, dont les gyrophares bleus trouent la nuit embrumée par les fumées de l'incendie qui avait parcouru 800 hectares peu après minuit.

Des tracteurs complètent le défilé, remorquant de larges citernes d'eau pour alimenter les secours. Lundi, les agriculteurs du secteur seront privés de travaux dans les champs, selon un arrêté de la préfecture qui a également interdit l'accès à tout le massif forestier.

"Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupire le premier adjoint, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça" en trente ans au Vaudoué. Il pense déjà aux adaptations nécessaires qu'appelle ce qui ressemble fort à une nouvelle ère pour sa commune: "Il va peut être y avoir des changements pour le débroussaillage..." 

Valérie et son mari Daniel ont déjà vécu des feux impressionnants, au Portugal et à Marseille. Mais en forêt de Fontainebleau, cela faisait douze ans que le feu n'avait plus fait irruption dans leur vie. Et l'ampleur n'avait rien à voir.

"On voyait les cendres retomber. La mairie et les pompiers sont arrivés pour nous dire d'évacuer", raconte la quinquagénaire, assise sur le monument aux morts de la guerre de cette commune de 750 âmes.

"On a pris les chats et les chiens dans la voiture (...) on voyait le feu d'un côté et de l'autre", raconte-t-elle. Son mari est retourné s'assurer que leur logement n'était pas parti en fumée: "Les pompiers m'ont dit que la maison allait bien mais que je ne pouvais pas revenir avant 6h demain matin", dit-il.

En milieu de nuit, le front de feu était à une centaine de mètres des premières habitations, selon des journalistes de l'AFP sur place. Et sans les deux avions bombardiers Dash, qui ont épandu du retardant jusqu'à la tombée du jour, il aurait fallu évacuer tout le village, et non seulement quelques rues en lisière de forêt, selon les secours.

- Inquiétude pour les chevaux -

"Dans le Sud mes parents étaient tout le temps focalisés sur les incendies et c'est ici que ça arrive", soupire Sophie Guiot, qui a eu le réflexe d'enlever la bouteille de gaz reliée à son barbecue avant d'être évacuée. "La boule au ventre", elle montre les photos de l'avion bombardier d'eau survolant sa maison. 

Devant la salle polyvalente où se sont regroupées une trentaine de personnes, une adjointe au maire, Sylvia Thirot, tient les comptes des évacués sur un grand cahier: "On a une centenaire au village, 103 ans, elle n'était pas évacuée mais elle est venue ici pour qu'on la rassure", dit l'élue.

Lundi s'annonce encore difficile pour les résidents: "les conditions météorologiques défavorables vont se poursuivre pendant toute la journée", prévient la préfecture, tandis que le feu continuait sa progression malgré la baisse des températures à la faveur de la nuit. 

Daniel et Valérie ne savent pas où ils vont dormir, mais d'autres villageois leur ont offert le gîte. Sinon, "il y a la pelouse là derrière qui me tente", blague Valérie, tandis que chacun prend des nouvelles des voisins, des amis, des maisons et des animaux de compagnie.

"Les propriétaires de chevaux étaient angoissés. Heureusement ils ont pu aller au +grand parquet+", le stade équestre de Fontainebleau, pour mettre leurs bêtes à l'abri, poursuit Sylvia Thirot, qui ne cache toutefois pas une inquiétude pour les équidés "qui étaient dans les champs".

dec-ng/bfa/alh

© Agence France-Presse

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