Politique

"Délinquante", "privilégiée": la gauche étrille Marine Le Pen, Macron refuse de commenter

Published on Juli 7, 2026 at 19:51

Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (g), quitte la cour d'appel de Paris le 7 juillet 2026, après le prononcé de l'arrêt en appel pour détournement de fonds publics européens dans l'affaire des emplois présumés fictifs au Parlement européen
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (g), quitte la cour d'appel de Paris le 7 juillet 2026, après le prononcé de l'arrêt en appel pour détournement de fonds publics européens dans l'affaire des emplois présumés fictifs au Parlement européen
Marine Le Pen: "le président ne commente pas les décisions de justice" (Macron)
Le Pen: une "délinquante" qui doit décider si elle "se présente aux électeurs" (PS)
Infographie montrant les scores réalisés par Marine Le Pen aux 3 élections présidentielles auxquelles elle a participé en tant que candidate du Front national (FN) puis du Rassemblement national (RN)
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (g), quitte la cour d'appel de Paris le 7 juillet 2026, après le prononcé de l'arrêt en appel pour détournement de fonds publics européens dans l'affaire des emplois présumés fictifs au Parlement européen
"Délinquante", "privilégiée": la gauche étrille Marine Le Pen, Macron refuse de commenter

Les dirigeants de gauche n'ont pas retenu leurs coups mardi contre Marine Le Pen, une "délinquante" dixit le patron des députés PS Boris Vallaud, après la décision de la Cour d'appel de Paris, l'écologiste Marine Tondelier jugeant le port du bracelet électronique "peu compatible" avec une candidature présidentielle.

Marine Le Pen "est une délinquante, voilà la seule conclusion qu'on peut tirer de cette décision de justice (...) elle est coupable de détournement de fonds publics et le RN a été condamné pour détournement de fonds publics. (...) Elle est coupable et c'est une délinquante", a asséné le président du groupe PS à l'Assemblée, Boris Vallaud.

"Quand on est candidat à la plus haute fonction présidentielle, on doit pouvoir se montrer exemplaire, ce qui n'est pas le cas", a pour sa part estimé le premier secrétaire du PS Olivier Faure. "Marine Le Pen, maintenant, est seule devant sa conscience", mais "la seule décision qui serait une décision moralement acceptable, c'est de se retirer d’une course à la présidentielle dont elle n'a plus la légitimité", a-t-il jugé.

La justice a ouvert la voie à une possible quatrième candidature à la présidentielle de Marine Le Pen en réduisant sa peine d'inéligibilité à seulement quinze mois ferme, déjà purgés. 

Mais la dirigeante d'extrême droite devrait faire une partie de sa campagne sous bracelet électronique si elle se lançait malgré cette condamnation. 

Or elle avait récemment conditionné une telle candidature à une liberté de mouvement totale, incompatible selon elle avec le port d'un bracelet.

Marine Le Pen doit s'exprimer dans le journal de 20H00 de TF1, où elle doit annoncer sa décision, a confirmé auprès de l'AFP l'un de ses proches.

-"Rien de changé" pour Mélenchon-

Pour Jean-Luc Mélenchon, il n'y a "rien de changé quelle que soit la candidature", de Mme Le Pen ou de Jordan Bardella. "Notre but est de débarrasser le pays du RN et de ses candidats par la voie des urnes et la volonté du peuple lui-même", écrit sur X le candidat de La France insoumise, qui ajoute: "adage créole : +même poil, même bête+ et vice versa. Chassons-les tous !"

"Une telle condamnation, quel que soit l'aménagement de la peine, ne peut permettre de se présenter devant les Français", a pointé le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel.

"Comme je ne suis pas au RN, je respecte cette décision de justice et je me garderais bien de critiquer les juges". Mais Mme Le Pen est une "privilégiée" qui a "bénéficié d'une grande mansuétude" de la part de la justice, "notamment en passant aussi rapidement en appel", a de son côté estimé sur X la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier.

"Les restrictions du bracelet électronique" semblent "peu compatibles avec une campagne présidentielle", a ajouté l'élue du Pas-de-Calais, terre d'élection de la leader du RN.

Le social-démocrate Raphaël Glucksmann, possible candidat à la présidentielle, a refusé de commenter la décision de justice et la situation de Marine Le Pen, préférant porter ses coups sur le RN, qu'il a qualifié de "rassemblement de coquins et de copains". 

L'eurodéputé s'est également inquiété un "un traitement corrompu des affaires publiques si le Rassemblement national arrivait au pouvoir".

Interrogé depuis la Syrie, Emmanuel Macron a refusé de s'exprimer sur la réduction de la peine d'inéligibilité de Marine Le Pen qui a ouvert la voie à sa potentielle candidature.

"Ce qui est sain pour la démocratie, c'est que le président de la République ne commente pas les décisions de justice, donc je vais m'en tenir à cette grammaire, qui plus est à l'étranger", a-t-il dit, questionné à ce sujet lors d'une conférence de presse avec le président syrien Ahmad al-Chareh.

bur-bpa-leo/hr/frd/mpm

© Agence France-Presse

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