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Double séisme au Venezuela : la nourriture manque, les épidémies menacent

Published on Juli 1, 2026 at 19:36

Double séisme au Venezuela : la nourriture manque, les épidémies menacent
Entre nourriture qui manque et épidémies qui menacent, le Venezuela parait au plus pressé mercredi, une semaine après son pire séisme depuis plus d'un siècle, qui a fait près de 2.000 morts...
Double séisme au Venezuela : la nourriture manque, les épidémies menacent

Entre nourriture qui manque et épidémies qui menacent, le Venezuela parait au plus pressé mercredi, une semaine après son pire séisme depuis plus d'un siècle, qui a fait près de 2.000 morts et des dizaines de milliers de disparus.

Chaque heure qui passe réduit les probabilités de retrouver des survivants, comme cet enfant de trois ans sauvé miraculeusement mardi par des secouristes jordaniens. 

Devant l'ampleur du drame, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a décrété mercredi un deuil national de sept jours "en hommage à la mémoire des victimes".

Dans un pays déjà soumis ces dernières années aux restrictions de l'information, le gouvernement a limité après le drame l'accès à l'Etat de La Guaira (nord), le plus durement touché, en imposant aux bénévoles un laissez-passer.

"Il a été extrêmement difficile d'atteindre le territoire vénézuélien", explique à l'AFP Luis Arteaga Benatuil, membre du groupe espagnol de recherche et de sauvetage USAR 13. "Nous arrivons tard, très tard (...), mais notre objectif demeure de sauver des vies".

La catastrophe du 24 juin n'a pas rendu toutes ses victimes. Les Nations unies estiment que 50.000 personnes sont portées disparues. Et le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a déclaré qu'environ 30.000 personnes se trouvaient dans la zone du port de La Guaira, la plus ravagée, au moment du double tremblement de terre. 

- "Dire la vérité! -"

L'ampleur des dégâts matériels a plongé une partie du pays dans le chaos. "Le plus grave, ce sont les morts", tempête Gladys Barrios, 76 ans. "Je vous demande de dire la vérité sur le nombre de morts. Peu importe dans quel état ils sont, mais qu'ils les sortent".

Pour les vivants, les autorités vénézuéliennes ont installé des centres de distribution d'aide mais les rescapés se sentent davantage soutenus par les étrangers et les bénévoles.

"Au début, tout se passait bien, mais ensuite la mauvaise organisation a commencé : d'abord les soldats eux-mêmes se servaient et puis tu te retrouvais avec ce qui restait", raconte Yohana Alvarez, une vendeuse déplacée.

"Ce sont des gens venus de l'extérieur qui nous aident", s'indigne Tibisay Méndez sur le réseau social TikTok, alors que "les policiers et fonctionnaires envoyés sur place se contentent de prendre des photos".

Quatre policiers vénézuéliens ont été arrêtés pour des pillages dans la zone du double séisme, a annoncé le ministère de la Justice sur les réseaux sociaux après la publication devenue virale d'agents pris la main dans le sac par des habitants furieux.

Les zones touchées semblent avoir été rasées au sol, avec d'immenses trouées au coeur d'habitations debouts mais désormais inutilisables. Sur la base d'images satellitaires, la Nasa estime qu'environ 58.870 bâtiments ont été endommagés ou détruits.

Dans l'État de La Guaira, "les pénuries alimentaires sont généralisées, les services de base se sont effondrés et les communications sont en grande partie coupées", s'est alarmé mardi le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

"Les tensions au sein de la population s'accroissent, alors que l'accès à l'aide demeure limité".

Fátima Berroterán, 56 ans, habitait dans l'une des 20 tours de la résidence Brisas de Maiquetía. Elle et sa famille dorment sur le parking. 

"Ici, rien ne nous arrivait. C'est seulement depuis cette nuit qu'ils ont commencé à nous apporter de l'eau", explique-t-elle. "La plupart n'a pas de tentes, nous ne pouvons pas rester dans les appartements". Pour la suite, "le diagnostic, c'est que les bases des tours sont bonnes, mais il faut reconstruire les murs".

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel à 50 millions de dollars pour nourrir 500.000 personnes pendant trois mois.

- "Je suis démolie" -

De nombreuses familles "sont menacées de sombrer encore plus dans la précarité", craint Stephanie Hochstetter, responsable de l'agence onusienne dans le pays.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) redoute en outre des épidémies et s'inquiète de systèmes "inadéquats" de suivi des disparus et d'enregistrement des victimes. 

Les perturbations des services de santé, des réseaux d'eau et d'assainissement, combinées aux déplacements de population, pourraient favoriser des flambées "de maladies évitables par la vaccination comme la rougeole, la diphtérie et la coqueluche", a averti un porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier. 

Le HCR chiffre lui ses besoins à environ 15 millions de dollars, notamment pour abriter temporairement 30.000 personnes pendant six mois.

"Plus de 80% de l'Etat de La Guaira est en état de crise, il faut que les autorités agissent. Elles devraient au moins se concentrer sur les services de base comme l'électricité, l'eau potable et le nettoyage", s'indigne Pablo Alfonzo, un homme de 64 ans réfugié sous une tente de fortune.

En attendant, les survivants se débrouillent comme ils peuvent, à l'image de Celix Ruiz, à Ciudad Piar (est), qui dort sur le parking d’une pharmacie. "Ici, personne ne veut aller dans un refuge". 

D'autres se retroussent les manches, comme Diorjailis Escalona, une médecin de 23 ans, devenue volontaire. "je suis démolie de voir tant de vies perdues (...), mais on essaie d'aider", tranche-t-elle.

Les Etats-Unis ont doublé le montant de l'aide bilatérale après la tragédie, pour un total de 300 millions de dollars dirigés vers les ONG et agences onusiennes.

Le gouvernement portugais a lui décidé mercredi de décréter une journée de deuil national dimanche, en hommage aux victimes des séismes parmi lesquelles se trouvent au moins 70 Portugais ou immigrés d’origine portugaise, et autant de disparus appartenant également à l’importante communauté portugaise

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© Agence France-Presse

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