A Dallas, Vance traite les démocrates de "parti de la haine"
Offensif devant son camp républicain réuni à Dallas (Texas), le vice-président américain JD Vance a qualifié jeudi les démocrates de "parti de la haine" et exhorté les électeurs à les "envoyer paître" lors des élections législatives de mi-mandat le 3 novembre.
Dans un discours en prime time taillé pour affirmer sa stature présidentielle, à deux ans de la prochaine échéance, JD Vance a lancé que "les démocrates sont le parti qui déteste l'Amérique et ceux qui l'ont bâtie".
"Primaire après primaire, nous avons vu les rares démocrates raisonnables perdre face à des extrémistes qui détestent ouvertement notre nation", a-t-il affirmé, accusant l'autre grand parti américain de se radicaliser en faisant référence à la récente série de succès obtenus par son aile gauche.
JD Vance a voulu s'adresser en particulier aux indécis, alors que les projections sont défavorables aux républicains à moins de deux mois du scrutin.
Elles anticipent que les démocrates vont s'emparer de la majorité à la Chambre des représentants, entièrement renouvelée, le Sénat s'annonçant ultra disputé, selon le modèle Decision Desk HQ. Une bascule qui restreindrait sérieusement la marge de manoeuvre de Donald Trump pour les deux dernières années de son mandat.
"Ce que je vous demande, c'est de prendre conscience du contraste avec ces radicaux et de reconnaître les accomplissements de ces 18 derniers mois", a-t-il plaidé.
"Ne livrez pas le pays à une bande de dingues juste parce que vous n'êtes pas d'accord avec une mesure ici ou là", a insisté le vice-président.
"Il faut les envoyer paître !", a-t-il asséné.
JD Vance a récolté des acclamations parmi les plus sonores en apostrophant un homme qui, selon lui, agitait un drapeau mexicain: "Eh bien, mon ami, si tu aimes tant que ça le Mexique, retournes-y, je te paierai le billet d'avion !".
Avant ça, l'ex-sénateur de l'Ohio (nord) a longuement exalté les valeurs familiales et évoqué Charlie Kirk, le jeune influenceur ultraconservateur dont il était proche, abattu il y a un an jour pour jour en plein meeting sur un campus américain.
"Je ne suis en désaccord avec rien de ce qu'il a dit. Il veut simplement protéger nos familles. Protéger les Américains. Protéger notre pays. C'est son travail", estime Cindy Phillips, 63 ans, venue de Houston, à quelque 400 km.
De retour sur scène après son vice-président, Donald Trump a assuré que "les démocrates devenaient nerveux".
La veille au soir, le président octogénaire avait prononcé un discours de près de deux heures, poursuivant son pari de personnaliser l'enjeu des élections de mi-mandat.
"Je vous demande de faire comme si j'étais sur le bulletin. Juste une fois de plus", a-t-il martelé.
Il a même été jusqu'à faire la "promesse" d'un "dividende" de 5.000 dollars à chaque adulte américain si les républicains parvenaient à conserver la majorité dans les deux chambres - sans expliquer comment une telle initiative, potentiellement très coûteuse, serait financée.
Face à une audience acquise à sa cause, Donald Trump a déjà agité, avant JD Vance, la menace que représenterait, à ses yeux, une victoire de l'opposition démocrate en faisant le serment de "vaincre le communisme en Amérique".
Si les démocrates venaient à l'emporter, "je bloquerai toutes leurs mauvaises choses pendant deux ans", a-t-il affirmé jeudi au micro de Fox News.
Les organisateurs, en ouvrant la seconde journée, ont revendiqué 20.000 spectateurs la veille - proche de la capacité maximale de la grande salle de l'équipe de basket des Mavericks. Les tribunes les plus hautes sont pourtant restées largement inoccupées tout au long du rassemblement texan.
L'affluence - et l'ambiance - a néanmoins nettement grimpé jeudi.
A Dallas, les trumpistes fervents veulent croire à une mobilisation sur le seul nom de Donald Trump, en dépit de sa cote de popularité anémique, sous les 35% dans certains sondages, et restent persuadés que la victoire est à portée des républicains.
"Il ne figure pas physiquement sur le bulletin, mais son programme, si, c'est ce que les gens doivent considérer. S'il n'obtient pas la majorité au Congrès, son programme ne pourra pas être mis en oeuvre", expose Wilma May, avocate afro-américaine d'une soixantaine d'années, "très optimiste" malgré les projections.
Jamais les républicains n'avaient organisé de convention avant des élections de mi-mandat. Le format est habituellement réservé, pour eux comme pour les démocrates, aux années d'élection présidentielle.
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