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Les Etats-Unis ont connu leur été le plus chaud jamais enregistré

Published on سبتمبر 9, 2026 at 22:35

Traces du manque d'eau lié à la sécheresse sur les rives du lac Mead, dans le Nevada, le 21 août 2026 — Frederic J. BROWN / AFP
Lors d'un épisode de canicule à Washington, le 3 juillet 2026 — Amid FARAHI / AFP
Un policier se rafraichit avec une bouteille d'eau lors d'une vague de chaleur le 3 juillet 2026 à New York — ANGELA WEISS / AFP
Traces du manque d'eau lié à la sécheresse sur les rives du lac Mead, dans le Nevada, le 21 août 2026 — Frederic J. BROWN / AFP

Les Etats-Unis ont vécu cette année leur été le plus chaud jamais enregistré en plus de 130 ans de relevés météorologiques, un record qui, selon les scientifiques, doit servir à tirer la sonnette d'alarme quant aux conséquences du changement climatique.

La température moyenne de l'été météorologique, qui s'étend de juin à août, a atteint 23.6°C, dépassant de 0,2°C le précédent record établi en 1936 et égalé en 2021, selon un communiqué de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA).

Quatre des étés les plus chauds jamais enregistrés dans le pays ont eu lieu au cours des cinq dernières années, les étés 2022 et 2024 occupant respectivement les quatrième et cinquième rangs, selon des mesures qui excluent Alaska et Hawaï.

Une tendance largement attribuée au changement climatique d'origine humaine, principalement lié à la combustion des énergies fossiles.

Après un mois de juillet déjà record aux Etats-Unis avec une température moyenne ayant atteint un niveau jamais vu depuis le début des mesures en 1895, le mois d'août 2026 a été le plus chaud jamais enregistré, a détaillé la NOAA.

Le record de 1936, qui a tenu 90 ans jusqu'à cette année, a été dépassé "d'un cheveu", précise à l'AFP Karin Gleason, météorologue à la NOAA et responsable de la publication de jeudi.

Elle précise que si le record de 1936 avait été poussé par des températures diurnes particulièrement hautes - c'était l'époque du "dust bowl", ces terribles tempêtes de poussière du milieu des années 1930 favorisées par la sécheresse - le record de 2026 a été favorisé par de fortes minimales nocturnes.

C'est là un marqueur du changement climatique, qui, avec un air plus chargé en humidité, limite la baisse des températures pendant la nuit.

"Il est temps d'arrêter de faire comme si nous étions surpris que notre planète qui se réchauffe continue de se réchauffer", a déclaré à l'AFP Andrew Dessler, climatologue à l'université Texas A&M. "C'est exactement ce que les scientifiques prédisent depuis des décennies."

"À mesure que les Etats-Unis et la planète se réchauffent, les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses", relève Zeke Hausfather, climatologue de Berkeley Earth.

"Cela devrait clairement tirer la sonnette d'alarme, car ces étés plus chauds entraînent davantage de stress thermique, une hausse de la demande énergétique pour la climatisation, ainsi qu'une pression croissante sur les infrastructures et les systèmes de santé publique", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis, premier émetteur historique de gaz à effet de serre, a également enregistré cette année son deuxième printemps le plus chaud, et fait face à une vaste sécheresse.

Les précipitations ont été inférieures à la normale dans le pays.

Au 1er septembre, près de 60% du territoire américain (hors Alaska, Hawaï et territoires d'outre-mer) étaient touchés par la sécheresse selon la NOAA, et les deux plus grands lacs artificiels ont atteint en août leurs plus bas historiques.

Ces données sont publiées alors qu'un épisode El Niño se renforce dans le Pacifique équatorial et menace de provoquer des conditions climatiques extrêmes à travers le globe.

Ses conséquences se font déjà sentir, de l'Amérique centrale frappée par la sécheresse à l'Europe, où les températures ont atteint des niveaux records cet été.

Cet épisode d'El Niño, dont le pic est attendu vers la fin de l'année, pourrait être le plus puissant jamais observé et contribuer à faire de 2027 une année record en matière de chaleur, ont prévenu les météorologues.

"Nous pouvons empêcher la situation de s'aggraver", a déclaré à l'AFP Michael Mann, climatologue à l'Université de Pennsylvanie.

"Le consensus parmi les climatologues est que le réchauffement de la surface de la planète s’arrêtera lorsque nous atteindrons le zéro émission de carbone, et nous disposons des technologies d'énergie propre pour y parvenir", insiste-t-il. "Il s'agit simplement de trouver la volonté politique."

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