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L'Irak va enquêter sur une attaque de drones contre le bureau du Premier ministre du Kurdistan

Published on أغسطس 18, 2026 at 05:27

Masrour Barzani, Premier ministre du Kurdistan irakien autonome, donne une conférence de presse à Erbil, capitale de la région autonome, le 25 juin 2025 — Safin HAMID / AFP
Le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi participe à une rencontre avec le président américain Donald Trump (non visible) dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 14 juillet 2026 — SAUL LOEB / AFP
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien à l'issue d'une réunion à Bagdad, le 28 juin 2026 en Irak — AHMAD AL-RUBAYE / AFP
Masrour Barzani, Premier ministre du Kurdistan irakien autonome, donne une conférence de presse à Erbil, capitale de la région autonome, le 25 juin 2025 — Safin HAMID / AFP

L'Irak a annoncé lundi qu'il allait enquêter sur l'origine de tirs de drones ayant visé dans la nuit le bureau du Premier ministre du Kurdistan autonome, imputés par ce dernier à l'Iran, qui a condamné une attaque "suspecte". 

L'attaque, dans les environs de Pirmam, dans la province d'Erbil, et qui n'a pas fait de victimes, a été annoncée sur X par Masrour Barzani, le Premier ministre du Kurdistan, région autonome dans le nord de l'Irak, qui a mis en cause des "drones iraniens".

"Le domicile du chef de l'Agence de sécurité et de renseignement" a également été visé, selon M. Barzani, qui a condamné des actes "irresponsables et inacceptables" et dénoncé une "escalade dangereuse".

Les services de lutte antiterroriste du Kurdistan irakien ont affirmé que l'attaque s'était produite à "00H28", au moyen de "deux drones piégés de type Hadid 110", et avait été lancée "depuis la frontière avec l'Iran".

Le chef du gouvernement irakien, Ali al-Zaïdi, a ordonné lundi la création d'une commission d'enquête pour identifier les auteurs et l'origine de l'attaque, a indiqué son cabinet, sans désigner de responsables. 

Depuis le début de la guerre au Proche-Orient, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, le Kurdistan irakien, qui accueille des troupes américaines et des compagnies pétrolières étrangères, ainsi que des groupes kurdes iraniens en exil - qualifiés de terroristes par Téhéran - a été la cible d'attaques menées par l'Iran et des factions armées irakiennes pro-iraniennes.

Lors d'un échange entre les chefs de la diplomatie des deux pays, Téhéran a assuré à Bagdad ne "disposer d'aucune information indiquant que l'attaque provenait du territoire iranien", a indiqué le ministère des Affaires étrangères irakien.

"Rien ne justifie l'attaque inconsidérée contre le bureau du Premier ministre Barzani. Les amis kurdes doivent rester vigilants face aux opérations sous faux drapeau visant à semer la discorde entre voisins", a de son côté déclaré sur X le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.

Son porte-parole, Esmaïl Baghaï, a souligné "la détermination de l'Iran à préserver (...) les relations amicales avec l'Irak et le Kurdistan" et "insisté sur la nécessité (...) de déjouer les sinistres complots des ennemis" des deux pays, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne Irna.

Mardi matin, Irna a fait savoir que M. Araghchi s'était entretenu au téléphone avec son homologue irakien Fouad Hussein au sujet des "derniers développements régionaux et (des) questions de sécurité frontalière".

L'envoyé spécial du président américain Donald Trump en Irak, Tom Barrack, a quant à lui "fermement" condamné "l'attaque contre notre ami et précieux partenaire kurde", y voyant une "menace directe pour la stabilité régionale".

Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, soutiennent pleinement M. Zaïdi "dans le rétablissement de la pleine souveraineté de l'Irak et pour s'assurer que toutes les armes et toutes les forces de sécurité restent sous l'autorité de l'Etat irakien".

Par ailleurs, le média local Rudaw a fait savoir tôt mardi sur X qu'une "explosion" avait touché un dépôt de produits pétroliers dans l'est du Kurdistan irakien et fait 18 blessés, citant le directeur général adjoint à la Santé de la province de Sulaymaniyah, sans plus de précisions.

Sous la pression de Washington, Bagdad a donné jusqu'au 30 septembre aux groupes armés pro-iraniens actifs dans le pays pour se désarmer, une échéance qui coïncide avec la fin de la mission de la coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington.

Nombre des puissantes factions armées soutenues par Téhéran, dont le poids politique et financier s'est accru en Irak au fil des années, sont apparues dans le sillage de l'invasion du pays par les Etats-Unis en 2003.

Si certaines d'entre elles ont annoncé qu'elles coopéreraient pour remettre leurs armes à l'Etat, d'autres refusent d'en discuter tant que des forces étrangères demeurent dans le nord de l'Irak.

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