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A New Delhi, la grande lessive du camp des manifestants étudiants

Published on يوليو 26, 2026 at 10:47

Des manifestants du "parti du peuple des cafards" célèbrent la démission du ministre de l'Education, le 25 juillet à New Delhi — Sajjad HUSSAIN / AFP
Des manifestants du "parti du peuple des cafards" célèbrent la démission du ministre de l'Education, le 25 juillet à New Delhi — Sajjad HUSSAIN / AFP

Comme à la fin d'un immense spectacle... La municipalité de New Delhi est entrée en scène dimanche pour effacer toutes les traces de la mobilisation étudiante contre les fraudes aux examens qui a défié le gouvernement.

Détritus, calicots et pancartes, graffitis, rien n'a échappé aux poubelles, aux jets d'eau sous pression et aux coups de pinceau des dizaines d'agents qui se sont déversés à la nuit tombée sur l'esplanade de Jantar Mantar, au coeur de la mégapole de 30 millions d'habitants.

"Nous sommes arrivés dès minuit, lorsque les manifestants sont partis", explique un nettoyeur sous couvert d'anonymat à l'AFP. "Les murs ont été repeints, une autre couche sera encore nécessaire pour cacher les slogans encore visibles".

Depuis lundi et la manifestation brutalement réprimée par la police, la place a servi de camp de base aux protestataires. De camp retranché même, si on ajoute au paysage les impressionnants bataillons de forces de l'ordre qui ne les lâchaient pas d'une semelle.

Réunis sous la bannière du "parti du peuple des cafards" (CJP), un mouvement récemment créé en ligne, des milliers d'étudiants et de jeunes y ont passé nuits et jours à revendiquer, débattre ou simplement faire acte de présence. Par solidarité.

L'occupation s'est achevée samedi, lorsque le Premier ministre Narendra Modi, confronté à sa plus grave crise politique depuis sa réélection il y a deux ans, n'a eu d'autre choix que de satisfaire l'exigence numéro 1 des "cafards": la démission du ministre de l'Education.

Dans la foulée, le CJP a appelé ses troupes à rentrer en bon ordre et "pacifiquement" à la maison.

Pendant toute la semaine, les protestataires ont transformé les murs rouges et blancs des bâtiments du quartier en un "dazibao" géant sur lequel ils ont exhibé revendications, slogans anti-Modi ou posters géants.

La plupart des photos, téléchargées des téléphones portables, décrivaient en détails les furieuses charges à coups de "lathis", de longs bâtons, menées par les forces de l'ordre pour disperser le cortège qui marchait lundi vers les bâtiments du Parlement.

Les affrontements ont fait 180 blessés, selon la police, "plusieurs centaines" selon les manifestants.

"Nous voulons que tout soit documenté et que rien ne soit oublié", commentait samedi Rahul, "curateur" de ce "mur de la honte". "Nous avons fait des photos et des vidéos de ces posters pour qu'ils soient partagés par tous".

Sage précaution. Car dimanche son exposition a été démantelée, et tous les murs du périmètre rendus au silence par une épaisse couche de peinture.

Au milieu des agents municipaux, Jantar Mantar n'accueille plus que quelques badauds. "Pour la plupart des locaux, curieux de parcourir en vrai le site qu'ils voyaient sur les écrans de leurs téléphones", s'amuse un policier.

Il y a aussi quelques retardataires, arrivés après la bataille.

"C'est vraiment dommage que la manifestation se soit terminée avant que j'arrive", rouspète Nayan Thakrele, 19 ans, entré en gare de Delhi à l'aube après un long périple en train depuis l'Etat du Madhya Pradesh.

"J'ai entendu parler de tout ça sur Instagram, j'ai constaté cette atmosphère excitante, les murs colorés, les posters, et j'ai voulu en être", explique le jeune homme, qui a achevé ses études et ne sait pas encore ce qu'il veut faire de sa vie.

Mais ce n'est que partie remise, assure-t-il. "Je reviendrai quand il faudra demander la démission d'un autre ministre".

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