Economie/Finances

L'UE exige que Google partage ses données de recherche et ouvre Android aux IA rivales

Published on يوليو 16, 2026 at 18:52

L'UE a imposé jeudi à Google des mesures visant à favoriser la concurrence dans les services de recherche, et à ouvrir Android aux IA développées par ses rivaux, malgré les vives protestations du géant américain — Nicolas TUCAT / AFP
L'UE a imposé jeudi à Google des mesures visant à favoriser la concurrence dans les services de recherche, et à ouvrir Android aux IA développées par ses rivaux, malgré les vives protestations du géant américain — Nicolas TUCAT / AFP
L'UE exige que Google partage ses données de recherche et ouvre Android aux IA rivales

Bruxelles a imposé jeudi à Google des mesures visant à favoriser la concurrence dans les services de recherche, et à ouvrir Android aux IA développées par ses rivaux, malgré les vives protestations du géant américain qui y voit un risque pour la sécurité et le respect de la vie privée de millions d'Européens.

Comme elle avait averti en avril, la Commission européenne exige d'une part que le groupe partage de manière encadrée les données récoltées par son moteur Google Search avec les services de recherche concurrents, d'ici janvier 2027.

Et d'autre part, elle lui ordonne d'accorder aux assistants d'IA développés par des tiers un accès aux fonctions clés d'Android, son système d'exploitation pour téléphones et tablettes, les mettant ainsi sur un pied d'égalité avec ses propres services d'IA, comme Gemini.

Les utilisateurs de téléphones et tablettes équipés d'Android pourront ainsi utiliser l'IA de leur choix avec une commande vocale, et s'en servir pour effectuer des réservations ou obtenir des informations sur un lieu visité récemment.

Bruxelles a donné un an au géant technologique pour appliquer ces changements, qui nécessiteront une mise à jour profonde d'Android.

"Grâce à ces mesures, nous espérons que des alternatives à Google Search et aux services d'IA de Google, tels que Gemini, vont pouvoir se développer, donnant un plus grand choix aux consommateurs", a affirmé dans un communiqué Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du Numérique.

"Ces décisions risquent de saper des garde-fous essentiels en matière de vie privée et de sécurité pour des millions d'Européens", a dénoncé Kent Walker, président des affaires mondiales de Google, dans une déclaration transmise à l'AFP, reprochant à Bruxelles d'avoir "ignoré de nombreuses preuves d'un préjudice pour les utilisateurs".

"Les assistants d'IA utilisent déjà en toute sécurité les capacités d'Android, les fabricants de téléphones jouant un rôle clé dans leur validation. Cette décision concernant Android menace la sécurité des appareils en accordant à des applications externes des autorisations sensibles et puissantes sur les appareils, sans ces garanties", a-t-il argumenté.

En outre, l'obligation de partager les données de Google Search pourrait "affaiblir la vie privée des citoyens, mettre en péril le secret des affaires et menacer la sécurité nationale", selon ce dirigeant.

- Au coeur de l'écosystème Google -

De son côté, Bruxelles a assuré avoir pris en compte ces craintes.

"Nous avons accordé la plus grande importance à l'intégrité, la sécurité et la confidentialité", a assuré à des journalistes un responsable de la Commission, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Google devra s'assurer que les services concurrents voulant bénéficier de ces dispositions ne posent pas de problèmes de sécurité.

Bruxelles assure en outre que les données de recherche seront totalement anonymisées, préservant la vie privée des internautes.

Enfin, les concurrents devront rémunérer Google pour l'utilisation de ses données.

Ces mesures touchent au coeur même du fonctionnement de l'écosystème de Google, bâti autour de Google Search et de l'exploitation des données des internautes pour la publicité ciblée, qui reste de loin sa principale source de revenus.

Elles ont été décidées dans le cadre d'une procédure spéciale prévue par le règlement européen sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA), plus rapide que les enquêtes classiques de Bruxelles mais qui ne permet pas d'imposer des amendes.

Le DMA vise à lutter contre les abus de position de position dominante des géants de la tech, en les empêchant de verrouiller l'accès à certains marchés.

"Cette décision constitue l'intervention la plus importante sur le marché européen de la recherche en ligne depuis l'entrée en vigueur du DMA", ont salué conjointement le moteur de recherche français Qwant et son homologue allemand Ecosia, y voyant "une mesure susceptible de s'attaquer aux causes profondes de la domination de Google".

La Commission avait infligé en septembre une amende de 2,95 milliards d'euros au groupe américain pour abus de position dominante dans la publicité en ligne.

Et Google a échoué ce mois-ci à faire annuler une amende record (4,1 milliards d'euros) datant de 2018, pour avoir forcé des fabricants de téléphones et de tablettes utilisant Android à pré-installer Google Search, au détriment des services concurrents.

Le groupe n'est pas au bout de ses peines: la Commission européenne pourrait lui infliger la semaine prochaine une amende dans le cadre d'une autre enquête liée au DMA, ont indiqué à l'AFP des sources proches du dossier, confirmant une information du Financial Times.

fpo/mad/spi

© Agence France-Presse

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