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A Tignes, crépuscule en pente douce pour le ski d'été

Published on يوليو 12, 2026 at 13:00

Un skieur regarde le paysage depuis le sommet d'une piste rouge, le 11 juillet 2026 à Tignes, en Savoie
Un skieur descend une piste du glacier de la Grande Motte, le 11 juillet 2026 à Tignes, en Savoie
Des skieurs au départ d'une piste rouge, le 11 juillet 2026 à Tignes, en Savoie
Des skieurs descendent du funiculaire de la Grande Motte, le 11 juillet 2026 à Tignes, en Savoie
Un snowboardeur se dirige vers le funiculaire de la Grande Motte , le 11 juillet 2026 à Tignes, en Savoie
Un panneau affiche des informations relatives à la météo, le 11 juillet 2026 à Tignes, en Savoie
Un skieur sur une piste de la Grande Motte, le 11 juillet 2026 à Tignes, en Savoie
Clément Colin, président d'Altta, la société publique qui a repris la gestion du domaine skiable de la Grande Motte, le 11 juillet 2026 à Tignes, en Savoie
Une dameuse sur le glacier de la Grande Motte, le 11 juillet 2026 à Tignes, en Savoie
Un skieur regarde le paysage depuis le sommet d'une piste rouge, le 11 juillet 2026 à Tignes, en Savoie
A Tignes, crépuscule en pente douce pour le ski d'été

A peine ouvertes les portes du téléphérique, des dizaines de skieurs chaussent et s'élancent sur le glacier de la Grande Motte à Tignes (Savoie) qui, très tôt le matin, transpire déjà sous la canicule.

Depuis la plate-forme sommitale qui domine la vallée à 3.456 mètres d'altitude, une vaste partie du glacier apparaît dépourvue de neige, avec par endroits des crevasses transperçant la glace grise.

Avec un isotherme, l'altitude à laquelle le thermomètre affiche 0°C, actuellement autour de 4.200 m, le glacier ne regèle pas la nuit et ruisselle dès le milieu de matinée.

La piste qu'empruntent les amateurs de glisse, dont la neige a été damée à la machine, contourne ces zones à vif et descend en pente modérée vers la station, passant près d'un champ de bosses aménagé pour l'entraînement et d'un téléski.

Plus bas, trois zones de "snow farming" permettent de stocker de la neige sous bâche pour la réutiliser là où elle manque.

"C'est quand même bizarre de skier l'été", reconnaît Aude Curtet, Franco-Suisse de 27 ans. "Qu'est-ce que ça fait pour la planète, tout ça ? Je ne sais pas trop. Mais je vais quand même essayer..."

La température atteint 19°C au soleil dès 09H30 et les skieurs ont tous fait tomber la doudoune. Mais certains confessent sans détour un désir de "se faire plaisir au frais" après avoir souffert de la fournaise des derniers jours.

Tignes accueille aussi chaque été des professionnels et des clubs de ski: "C'est intéressant parce qu'on perd énormément de masse musculaire quand on s'arrête et venir s'entraîner une semaine nous permet de garder pas mal de sensations", explique Victoire Starck, 19 ans, licenciée au club Airbus de Marignane.

Si elle savoure cette "opportunité incroyable", elle n'en note pas moins que la neige commence à ressembler "à de la gadoue, il y a des trous, il y a de l'eau". La glace apparaît par endroits.

- "Alternative branchée à la canicule" - 

Quelque 7.856 "journées skieurs" ont été vendues par la station depuis le 20 juin. Un chiffre modeste par rapport à l'hiver ou même à ceux des années 80 lorsque Tignes promettait "du ski 365 jours par an".

Pour Clément Colin, président d'Altta, la société publique qui a repris en juin au nom de la commune la gestion du domaine skiable, le ski d'été vit ses dernières années puisque "le glacier fond de 3 à 4 mètres par an". 

"C'est un crève-cœur" mais la transition est en route avec l'aménagement prévu "d'un espace contemplatif et d'un parcours pédagogique" dédiés au glacier en haut du téléphérique, lequel accueille déjà de nombreux piétons en été, souligne-t-il.

Les études scientifiques ont été poussées "au maximum", assure de son côté Olivier Duch, premier adjoint au maire de Tignes: elles disent d'un côté des "choses rassurantes", c'est-à-dire que "l'on pourra encore faire du ski pendant 50 ans" à Tignes en coeur de saison (de fin décembre à mi-avril). Mais aussi "à l'inverse, que le destin du glacier est scellé".

De son point de vue, les intenses réflexions qui ont précédé à Tignes le changement de gestionnaire du domaine (auparavant aux mains de la Compagnie des Alpes) font que la station est plutôt "en avance" sur ses concurrentes quant aux sujets de transition.

"L'idée dans les 10 ans qui viennent, c'est de pouvoir poursuivre cette montée en puissance de l'activité hors ski", explique-t-il, évoquant les activités estivales de la station, marche ou VTT.

Mais pour Mathieu Crétet de l'association Mountain Wilderness, la station continue de "louer le caractère fun" de la pratique du ski sur glacier et de "présenter ça comme une alternative branchée à la canicule". 

"Le ski d'été fun, tous en fluo, c'est vraiment l'imaginaire des 30 Glorieuses", abonde son collègue Vincent Neirinck. "On ne peut plus se permettre ça aujourd'hui".

ahe/chp/ybl

© Agence France-Presse

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