Economie/Finances

Deux fonds américains à l'assaut d'EasyJet

Published on يوليو 10, 2026 at 11:44

Des avions de la compagnie britannique EasyJet sur le tarmac de l'aéroport de Genève, le 11 juin 2026
Un avion de la compagnie britannique EasyJet à l'approche de l'aéroport de Liverpool au Royaume-Uni, le 22 avril 2026
Zone d'enregistrement de le compagnie britannnique EasyJet à l'aéroport parisien d'Orly, le 6 avril 2026
Des avions de la compagnie britannique EasyJet sur le tarmac de l'aéroport de Genève, le 11 juin 2026
Deux fonds américains à l'assaut d'EasyJet

Déjà courtisé par le fonds américain Castlelake, la compagnie aérienne britannique EasyJet a annoncé vendredi un accord de principe pour un potentiel rachat avec le gestionnaire d'actifs Apollo, attiré comme son rival par ses précieux créneaux aéroportuaires, la force de sa marque et ses perspectives de croissance.

Cette nouvelle offre surprise transforme un processus de vente avancé avec Castlelake en potentielle bataille entre les deux fonds américains pour le contrôle de la deuxième compagnie à bas coûts d'Europe, derrière Ryanair.

L'offre d'Apollo, à 7,15 livres par action, valorise EasyJet à 5,7 milliards de livres (6,7 milliards d'euros), et surpasse celle de Castlelake, à 6,90 livres. La compagnie indique être disposée à la recommander à ses actionnaires si une offre ferme est effectivement déposée avant la date limite du 7 août.

L'annonce de cet "accord de principe" a fait s'envoler le cours d'EasyJet de près de 14,5% à la Bourse de Londres, à plus de 6,73 livres.

EasyJet avait déjà annoncé le 5 juillet un accord de principe avec Castlelake, important acteur du leasing aéronautique disposant d'une flotte de 375 avions. Ce fonds a lui jusqu'au 3 août pour déposer une offre ferme, mais la compagnie précise désormais qu'elle n'est plus prête à recommander sa dernière proposition.

- "Actif de premier choix" -

"Une guerre des offres est lancée. Castlelake pourrait revenir et il ne faut pas exclure l'arrivée d'un rival comme IAG (maison mère de British Airways et Iberia, ndlr) ou Air France‑KLM", estime Neil Wilson analyste de Saxo Markets, qui dit privilégier "un scénario de consolidation" à un scénario de rachat par un fonds d'investissement, car il juge les compagnies aériennes européennes "beaucoup trop fragmentées".

L'analyste voit dans EasyJet "un actif de premier choix" avec "des créneaux de décollage et d'atterrissage de premier ordre, la croissance de son activité de séjours (...) et un carnet de commandes rempli de tout nouveaux Airbus".

L'entreprise "devrait pouvoir valoir davantage, même si la guerre en Iran a mis en lumière les problèmes du secteur et que le titre ne s'est jamais vraiment remis de la pandémie" de Covid-19, estime-t-il, soulignant que "l'action n'a plus dépassé 7 livres depuis 2021".

EasyJet a publié en mai une perte alourdie sur un an au premier semestre de son exercice décalé, pointant les conséquences du conflit au Moyen-Orient, et avait prévenu que le second semestre serait aussi affecté.

Il compte cependant s'appuyer sur la vitalité de son offre de séjours EasyJet Holidays, en fort développement ces derniers mois.

- "Profiter du spectacle" -

"C'est sans doute l'un des aspects les plus attractifs pour Apollo. Les voyages à forfait génèrent des marges plus élevées et des revenus plus prévisibles que la seule vente de billets d'avion", relève Susannah Streeter, analyste chez Wealth Club.

Apollo, qui indiquait gérer plus de 1.000 milliards de dollars (875 milliards d'euros) d'actifs dans le monde au 31 mars, n'est pas novice dans le secteur aérien, le groupe ayant déjà investi dans les compagnies Aeromexico, Sun Country Airlines et Atlas Air, tout en finançant notamment Air France-KLM et Virgin Atlantic.

Le fonds "croit en la stratégie actuelle d'EasyJet visant à faire évoluer et à renforcer le modèle de compagnie à bas coûts, notamment via l'augmentation de la capacité de la flotte", souligne EasyJet dans son communiqué.

Apollo affirme pouvoir s'appuyer sur un partenaire européen pour mener l'opération à bien, sans fournir davantage de précisions. Les groupes américain Apollo et Castlelake ne peuvent en effet posséder seuls EasyJet, les règles britanniques et européennes exigeant qu'une compagnie aérienne reste majoritairement détenue et effectivement contrôlée par des actionnaires européens.

"Les projecteurs se tournent à nouveau vers le prétendant initial pour voir s'il sera prêt à aller encore plus loin pour dépasser Apollo", souligne Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell. "Les actionnaires, eux, peuvent s'installer confortablement et profiter du spectacle."

zap/lul/spi

© Agence France-Presse

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