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Nouvelles attaques coordonnées au Mali dans plusieurs localités et contre une prison

Published on يوليو 4, 2026 at 18:23

Vue d'ensemble montrant la circulation sur une des artères principales de Bamako, le 4 juillet 2026
Une image aérienne montre une vue générale de Gao, au Mali, le 26 novembre 2019
Vue d'ensemble montrant la circulation sur une des artères principales de Bamako, le 4 juillet 2026

Le Mali a été de nouveau visé samedi matin par des attaques coordonnées d'ampleur des jihadistes et de leurs alliés indépendantistes touareg à travers le pays, quelques semaines seulement après une vaste offensive des rebelles marquée par la prise de la ville stratégique de Kidal et par la mort du ministre de la Défense. 

Dès 5 heures (locales et GMT), des attaques ont visé les localités maliennes de Gao, Anéfis, Aguelhok (nord), Sévaré (centre) et contre la prison de Kéniéroba (ou Kenioroba) à 70 kilomètres au sud de Bamako, selon l'armée, des habitants joints par l'AFP et des sources sécuritaires.

Ces combats sont survenus un peu plus de deux mois après des attaques d'ampleur menées par le JNIM (affilié à Al Qaïda) et les indépendantistes du FLA (Front de Libération de l'Azawad) les 25 et 26 avril qui ont porté un coup considérable à la junte au pouvoir à Bamako et tué le ministre de la Défense.

A Anéfis, où les combats sont toujours en cours, les indépendantistes du FLA affirment avoir pris "plusieurs postes", selon un porte-parole des rebelles, Mohamed Elmaouloud Ramadane.

"Les rebelles contrôlent la ville mais les (paramilitaires) russes sont retranchés dans le camp (militaire). Les rebelles du FLA ont fait beaucoup de prisonniers militaires maliens à Anéfis", indique à l'AFP un élu local.

Anéfis et Aguelhok sont les derniers lieux où l'armée malienne est présente dans la région de Kidal, depuis les attaques des 25 et 26 avril.

Véritable camouflet pour les militaires au pouvoir, Kidal, ville stratégique du nord Mali, est passée sous le contrôle des touareg du FLA lors de ces offensives.

À Gao, verrou stratégique pour contrôler le nord, plusieurs tirs et des "fortes détonations" ont été signalés à l'AFP par des habitants à proximité d'un camp de l'armée samedi matin.

A Sévaré, grande ville du centre du pays abritant une importante base de l'armée et un aéroport, "des explosions ont retenti" dans la matinée, selon une source sécuritaire à l'AFP.

Samedi après-midi, les combats avaient pris fin à Gao et Sévaré, selon des sources locales.

A quelques dizaines de kilomètres de la capitale Bamako, l'important centre pénitentiaire de Kéniéroba, où sont notamment détenus des jihadistes, a été attaqué.

"Nous sommes sous nos lits, les tirs continuent", a indiqué à l'AFP un prisonnier joint par téléphone samedi matin.

Depuis, les communications semblent avoir été coupées à l'intérieur de la prison, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans un communiqué, l'armée malienne a affirmé que "ces attaques ont été vigoureusement repoussée" et que "la situation est totalement sous contrôle".

L'armée a reconnu un mort dans ses rangs à Gao, et affirme avoir "neutralisé" "20 terroristes". Un bilan probablement minimisé, les militaires ne communiquant pas sur leurs pertes.

Sur leur compte Facebook, les paramilitaires de l'Africa Corps ont également confirmé les attaques : "Les unités du Corps africain, en coordination avec l'Armée malienne, mènent avec succès des opérations de combat pour repousser l'assaut contre ces villes paisibles."

"Toutes ces opérations-là, qui sont des opérations intermédiaires en attendant un assaut plus spectaculaire, contribuent à fragiliser et isoler le pouvoir", indique à l'AFP Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute basé à Dakar.

"Pour l'instant, l'objectif semble être la prise et la sanctuarisation du nord, avant de descendre plus au sud", souligne auprès de l'AFP un chercheur associé à l'institut de recherche stratégique (Irs) de l'Académie internationale de lutte contre le terrorisme (Ailct), basé à Abidjan.

Depuis 2012, ce pays sahélien fait face à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires. Cette crise sécuritaire s'ajoute à une grave crise économique.

Depuis deux coups d'Etat successifs en 2020 et 2021, le Mali est dirigé par des militaires arrivés au pouvoir sur la promesse de rétablir la sécurité et de conserver l'intégrité territoriale de ce vaste pays désertique en proie à une insurrection jihadiste et aux revendications indépendantistes de groupes touareg.

La junte du général Assimi Goïta a tourné le dos à la France, l'ancienne puissance coloniale, pour se rapprocher de la Russie, désormais son plus grand allié avec qui Bamako coopère dans les domaines de l'énergie, la défense ou l'enseignement supérieur.

Appuyée par les paramilitaires russes du groupe Wagner, devenu depuis Africa Corps, l'armée malienne avait repris en novembre 2023 la ville de Kidal, repassée aux mains des rebelles touareg fin avril.

Après leurs attaques, qui ont fait officiellement 23 morts civils et militaires, les jihadistes et leurs alliés indépendantistes ont maintenu leur pression sur la junte en bloquant des routes menant vers Bamako.

Depuis septembre 2025, le JNIM a mené plusieurs blocus de la capitale, allant jusqu'à asphyxier son économie et créant de grosses pénuries de carburant.

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